Le "Da Vinci Code" : qu'en pensez ? Info ou intox ?

Le "Da Vinci Code" : qu'en pensez ? Info ou intox ?
Réponses aux questions soulevées par le roman « Da Vinci Code » sur la vie de Jésus, l'Eglise Catholique et l'Opus Dei.
Le Da Vinci Code a éveillé dans le public un vif intérêt pour des sujets fondamentaux : l'origine de la Bible, l'histoire véritable de Jésus-Christ et de l'Église. Le roman relance aussi les controverses sur la conception de la femme dans le christianisme.

De nombreuses personnes s'interrogent : qu'y a-t-il de vrai dans les « secrets » dévoilés par le Da Vinci Code à propos de Jésus, de l'Église, de l'Opus Dei ? Le dossier que nous présentons ici se propose d'apporter des réponses aux questions soulevées par le roman de Dan Brown.

Ceux qui ont été surpris ou troublés par les « révélations » de Da Vinci Code doivent d'abord se rappeler qu'il s'agit d'une ½uvre de fiction, fruit de la liberté de création d'un romancier. Pour répondre aux importantes questions soulevées par ce roman, il faut par conséquent confronter les allégations de Dan Brown aux travaux d'autorités scientifiques reconnues.

En effet, les « révélations » que prétend faire Dan Brown dans son roman ne sont pas seulement contraire à la foi professée par les chrétiens depuis la fondation de l'Église. Elles sont également incompatibles avec des faits rigoureusement établis. Le Da Vinci Code défie autant la raison que la foi des chrétiens.

Depuis des siècles, les savants scrutent la Bible. Ils sont théologiens, historiens, spécialistes des manuscrits ou experts dans les sciences humaines. Le message chrétien est sans doute l'un des sujets les plus étudiés dans l'histoire du monde. La science apporte, sur certaines questions, des réponses importantes. L'Église elle-même fait confiance à la science et encourage ses recherches. En même temps, l'Église se sait assistée par l'Esprit Saint pour transmettre avec fidélité l'intégralité du message de salut apporté par Jésus-Christ.

Peut-on se fier à Dan Brown ? Notre dossier montre que la plupart de ses affirmations ne peuvent être prises au sérieux.

source: http://www.opusdei.fr/

# Posté le samedi 06 mai 2006 10:18

Le "Da Vinci Code" : La trame « historique »

Le "Da Vinci Code" : La trame « historique »
Le roman repose sur une prétendue trame historique, empruntée par Dan Brown a divers ouvrages issus des mouvances ésotériques. Selon l'historien Jean Chélini, d'Aix-en-Provence, « Dan Brown a rejeté les conventions de la fiction pour présenter des contre-vérités comme des réalités historiques. De ce point de vue, il est coupable d'une véritable contrefaçon. »

26/04/2006
Sur son site, l'auteur, Dan Brown, fait la déclaration suivante :

« Le secret que je révèle a été chuchoté pendant des siècles. Ce n'est pas moi qui l'ai inventé. Cela dit, on peut admettre que c'est la première fois que ce secret est dévoilé sous la forme d'un thriller populaire. Mais l'information en soi n'a rien de nouveau. »

Quel est ce fameux « secret » ? C'est que Jésus-Christ n'était qu'un homme, un simple prophète, qu'il fut marié à Marie Madeleine et eut une descendance avec elle. C'est à Marie Madeleine qu'il voulait confier la direction de son Église. Cependant les apôtres, jaloux de Marie Madeleine, et emplis de préjugés envers les femmes, l'ont écartée du pouvoir et ont pris le contrôle de l'Église, qu'ils ont dotée d'une hiérarchie purement masculine. Ils forcèrent Marie Madeleine à s'exiler (d'où sa fuite en Provence), et effacèrent les traces de la volonté originelle de Jésus.

Au IVème siècle, le Concile de Nicée fabriqua de toutes pièces le dogme de la divinité de Jésus. À l'instigation de l'empereur Constantin, les Évangiles furent réécrits en ce sens, tous les autres témoignages historiques étant impitoyablement écartés... du moins le croyait-on.

Pendant ce temps, la descendance de Jésus et Marie Madeleine prospérait en Provence, et fut à l'origine de la dynastie des Mérovingiens.

La « vérité » authentique sur Jésus ne fut pas entièrement perdue. À l'époque des Croisades, une société secrète, le Prieuré de Sion, fut fondée pour préserver et transmettre le « secret » sur la descendance de Jésus. Des documents auraient même été découverts, dans les ruines de l'ancien Temple de Jérusalem, et l'ordre militaire des Templiers aurait été créé pour en assurer la protection. Lorsque l'ordre des Templiers fut supprimé par le pape, au XIVème siècle, les documents se volatilisèrent.

Le secret se matérialisa alors sous le nom de « sang royal », déformé en « Saint Graal » : le Saint Graal n'est pas le calice de la dernière Cène, mais, en réalité, désigne symboliquement Marie Madeleine et sa descendance. Recherché depuis des siècles, le secret du Saint Graal fut jalousement préservé, jusqu'à nos jours, par les membres du Prieuré de Sion...
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# Posté le samedi 06 mai 2006 10:23

Modifié le dimanche 03 juin 2007 15:29

Le "Da Vinci Code" : le roman

Le "Da Vinci Code" : le roman
Le Da Vinci Code, qui se déroule à l'époque contemporaine, raconte la « quête du Graal » d'un professeur américain, Robert Langdon, qu'assiste une jeune policière française, Sophie Neveu. Leur enquête est entravée par de nombreux obstacles, semé par les forces ténébreuses qui veulent à tout prix les empêcher de découvrir la vérité.

26/04/2006

Da Vinci Code s'ouvre sur le meurtre sanglant du conservateur du Louvre, Jacques Saunière, par un moine en bure présenté comme membre de l'Opus Dei. Rapidement, un professeur de Harvard, Robert Langdon, est appelé sur les lieux du crime. Il comprend que le conservateur assassiné était un membre du Prieuré de Sion, et qu'il est mort à cause du secret.

Une course de vitesse, doublée d'une chasse au trésor, s'engage alors. D'un côté, Langdon, associée à une jeune policière, Sophie Neveu, s'efforce de décrypter les indices laissés par Saunière pour remonter la piste du Saint Graal. De l'autre, le moine tueur, dénommé Silas, cherche à effacer toutes les traces du secret, qui pourrait mettre en péril l'existence même de l'Église. Il agit sur les ordres d'un « Maître » mystérieux, et ne recule devant rien, éliminant un par un tous les affidés du Prieuré de Sion. La police, qui suspecte d'abord Langdon du meurtre de Saunière, est également sur la trace des deux héros en fuite.

Guidés par des indices laissés par Léonard de Vinci dans ses tableaux, Langdon et Sophie Neveu vont du Louvre au coffre-fort d'une banque parisienne, puis s'envolent pour l'Angleterre, Londres puis l'Écosse. Langdon dévoile peu à peu à Sophie le résultat de ses propres recherches savantes sur le Graal et le culte du « féminin sacré » dont Marie Madeleine serait une sorte de témoin.

Pendant ce temps, les agissements de Silas s'éclairent d'un nouveau jour. Le « Maître » qui manipule le moine a conclu un marché avec le prélat de l'Opus Dei, Mgr Aringarosa : il lui offre de récupérer les « documents » contenant le secret du Graal, en échange de 20 millions d'euros. Aringarosa devait en outre mettre Silas, son protégé, au service du « Maître ».

Pour le prélat, cette offre est inespérée : elle lui permettra peut-être, en exerçant un chantage sur l'Église, de sauver l'Opus Dei que le nouveau pape, d'orientation libérale, veut désavouer. En effet, quelle que soit l'hostilité du pape envers l'Opus Dei, il ne saurait accepter que soit divulgué le secret sur la véritable histoire de Jésus, et sur la trahison de son dessein par l'Église catholique. En récupérant les documents sur le Graal, Aringarosa dispose d'un moyen de pression tout puissant : l'Église doit renoncer à supprimer l'Opus Dei, en échange des documents secrets.

Les documents ne seront pas retrouvés. Aringarosa comprend, trop tard, qu'il a été joué par le Maître, qui se révèle être un certain Leigh Teabing : celui-ci n'a jamais eu l'intention de livrer les documents à l'Église, qu'il déteste ; il voulait simplement se couvrir en les faisant chercher par le moine Silas. Bien plus, Teabing avait assuré Aringarosa que le sang ne serait pas versé. Silas sera tué par la police, Teabing arrêté, Aringarosa disculpé au nom de sa bonne foi.

Quant à Langdon et Neveu, à défaut de découvrir les documents, ils auront compris le sens profond du « secret » : la vraie religion est ouverte au « féminin sacré », dont Marie-Madeleine n'est qu'une figure. Une religion centrée sur la « culte de la déesse », et non la religion machiste incarnée par l'Église catholique. Sophie Neveu se voit même révéler la véritable histoire de sa famille, et apprend qu'elle n'est autre... que la dernière descendante des Mérovingiens, et donc du Christ et de Marie Madeleine.

À la fin du roman, Langdon est ramené au point de départ de toute l'histoire : le musée du Louvre, et sa pyramide inversée qui symbolise à la fois Marie-Madeleine, le Saint Graal, et le principe féminin sacré. La recherche d'un document matériel s'achève en « quête mystique », en pèlerinage, et il tombe à genoux au pied de la pyramide...
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# Posté le samedi 06 mai 2006 10:29

Modifié le samedi 06 mai 2006 10:55

La foi catholique d'après le Da Vinci Code

Le roman veut accréditer de nombreuses erreurs doctrinales, tendant à montrer que la foi catholique repose sur une manipulation de l'histoire et la destruction des documents authentiques sur le véritable Jésus-Christ.

26/04/2006
Voici quelques unes des affirmations soutenues dans le Da Vinci Code :

1. « Une grande partie de ce que l'Église nous a enseigné – et nous enseigne encore – sur Jésus est tout simplement faux. »

2. Jésus-Christ n'était qu'un homme, bien que grand prophète. Il a été marié à Marie Madeleine, dont il a eu un enfant. Il était le « premier féministe de l'histoire ».

3. L'Église catholique est une institution purement humaine. Les apôtres en ont usurpé le tête, que le Christ voulait confier à Marie Madeleine. Ils ont ensuite sciemment déformé l'enseignement du Christ.

4. Au IVème siècle, l'empereur Constantin, pour des motifs politiques, poussa l'Église à forger la doctrine de la divinité du Christ. Pour accréditer cette invention, il manipula les Évangiles, et chercha à faire disparaître des textes plus anciens qui racontaient l'histoire authentique.

5. Le péché originel est une invention de l'Église catholique. L'Église a une vision très négative de la sexualité et de la femme, qu'elle n'a cessé de réprimer au long des siècles.

6. Les rites et les symboles chrétiens sont empruntés aux religions païennes.
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# Posté le samedi 06 mai 2006 10:32

Modifié le samedi 06 mai 2006 10:57

Le rôle attribué à l'Opus Dei dans le "Da Vinci Code"

Le rôle attribué à l'Opus Dei dans le "Da Vinci Code"
L'Opus Dei, malgré ce que pense le lecteur au début, n'est pas le véritable « méchant » du livre. Le vrai méchant, Leigh Teabing, est hostile à l'Église, et ne se sert de l'Opus Dei que comme couverture. Néanmoins, le Da Vinci Code donne une image très négative de l'Opus Dei, et n'hésite pas à répandre des allégations calomnieuses à son égard.

26/04/2006
Le président général de l'Opus Dei est un évêque espagnol, Mgr Aringarosa, qui vit à Murray Hill Place, un vaste bâtiment new-yorkais, présenté comme le siège mondial de l'Opus Dei.

Quelques mois avant l'action, le nouveau pape a fait savoir à ce prélat que l'Opus Dei devait quitter l'Église. C'est alors qu'un mystérieux « Maître » prend contact avec lui, et lui promet des documents secrets contre 20 millions d'euros. Pour le prélat, cette offre est la dernière chance de sauver l'Opus Dei : s'il entre en possession des documents, l'Église ne pourra rien contre lui. Aringarosa accepte le marché, sans savoir à qui il a affaire. Il ignore que des meurtres vont être commis à son insu. Lorsqu'il l'apprendra, il collaborera avec la police, et donnera les 20 millions aux familles des victimes.

Il est en quelque sorte la victime du « Maître » et de son désir, mi-pieux, mi-machiavélique, de maintenir le pouvoir de l'Opus Dei au sein de l'Église.

Le seul autre membre de l'Opus Dei qui apparaît dans l'histoire est Silas, un membre numéraire, dont le portrait est très éloigné de ce que sont en réalité les membres de l'Opus Dei. Alors que ceux-ci sont des laïcs, vivant dans le monde et ayant une activité professionnelle, Silas est présenté comme un moine fanatique, vêtu d'une robe de bure. Il a fait v½u de célibat, et pratique des mortifications sanglantes. Il est dévoué corps et âme à Mgr Aringarosa, qui lui a sauvé la vie. Son obéissance aveugle l'amèneront à perpétrer plusieurs assassinats, en étant convaincu d'agir ainsi pour la gloire de Dieu.

À divers endroits du roman, l'Opus Dei est présenté comme une institution manipulatrice et sectaire, pratiquant le lavage de cerveau, la coercition, et prônant des mortifications corporelles exagérées. L'auteur associe l'Opus Dei à diverses affaires criminelles : des membres de l'Opus Dei auraient drogué des étudiants ; un autre aurait failli mourir des suites d'une infection due au port d'un cilice ; un riche banquier s'est suicidé après avoir légué sa fortune à l'Opus Dei... L'espion américain Robert Hanssen est mentionné, ainsi que l'ODAN, organisme de lutte contre les sectes spécialisé dans l'Opus Dei.

On affirme que l'Opus Dei aurait renfloué la banque du Vatican, et que c'est en échange de ce service qu'il aurait reçu le statut de prélature personnelle (appelé dans le roman « prélature pontificale »).

L'Opus Dei est présenté comme profondément traditionnel, voire réactionnaire : hostile au concile Vatican II, à la science, au progrès, n'hésitant pas à s'opposer au pape jugé trop « libéral ». L'Opus Dei aurait en outre une vision très négative de la femme, et obligerait les femmes de l'Opus Dei à se livrer à des travaux avilissants dans les centres de l'Opus Dei.

Il est concédé que l'Opus Dei a pu aider certaines personnes – plutôt faibles et malléables – à mener une vie droite, mais son existence est présentée comme une sorte d'aberration d'un autre âge.

Alors que ce que dit le roman est constitué principalement d'inventions plus ou moins fantastiques, tout est fait pour donner une impression de véracité, qui peut induire en erreur de nombreux lecteurs.
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# Posté le samedi 06 mai 2006 10:38

Modifié le dimanche 07 mai 2006 13:12